Dans le cadre du projet de loi sur le mariage homosexuel, les députés PS devraient défendre un amendement ouvrant la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes.
Cette question dépasse largement le cadre d’une réflexion sur la famille, pour s’inscrire dans le champ de la bioéthique. Or, le rapport de l’humain à la science et devenu déterminant du type de société dans lequel nous évoluons. Une telle décision ne doit pas être prise à la légère, il faut en mesurer la portée et les risques.
Après avoir défendu le « mariage pour tous » puis l’adoption par les couples de même sexe, François Hollande a dit s’en remettre au « Parlement souverain » pour trancher la question de la PMA. Par manque de courage politique, il cautionne sans le dire le glissement progressif d’un texte qui ne touchera plus uniquement le code civil mais également le code de la santé publique. Un tel amendement n’a rien à faire dans un texte sur la famille.
Ouvrir la PMA aux couples de même sexe, c’est détourner l’utilisation de cette technique médicale, censée répondre au problème de l’infertilité des couples. En laissant la possibilité aux couples de femmes de la pratiquer, on passe d’une situation où la science lutte contre l’infertilité à une situation où elle est sommée de répondre à un désir d’enfant.
Ceci est tout à fait révélateur de l’état d’esprit dans lequel le gouvernement et les associations LGBT abordent la question, en revendiquant un droit à l’enfant au lieu de se préoccuper du droit des enfants.
La technique de la PMA pose de multiples questions. On sait qu’un enfant issu d’une PMA a deux fois plus de risque de souffrir d’une malformation congénitale*. Par ailleurs, les députés socialistes espèrent que le gouvernement proposera le remboursement par la Sécurité sociale si l’ouverture de la PMA est votée. Ceci entrainerait de nouvelles dépenses de santé insoutenables, alors que les couples de femmes ont un problème physiologique pour concevoir, pas une pathologie.
Enfin, dans le cas d’un couple d’hommes, le recours à la PMA est par définition impossible. L’ouverture de la PMA aux couples de femmes au nom de l’égalité de droits aura l’effet contraire à celui recherché, en instaurant une nouvelle discrimination entre couples de femmes et couples d’hommes. Le seul moyen de dépasser cette discrimination, serait de légaliser la gestation pour autrui (GPA), autrement dit les mères porteuses, et donc la marchandisation du corps de la femme.
Je m’étonne que les féministes du gouvernement, et en premier lieu Najat Vallaud-Belkacem ministre aux Droits des femmes, restent silencieux sur ce point.
Ainsi, le gouvernement en difficulté sur le plan économique cherche à faire passer avec empressement des mesures bancales, qui auraient méritées une réflexion approfondie, certainement plus de prudence et un véritable débat avec l’ensemble des Français.
Je déplore ce manque de débat pour une question touchant à un domaine aussi fondamental que la bioéthique.
Je déplore la volonté du gouvernement de traiter en priorité des questions sociétales, alors que les Français sont de plus en plus inquiets par l’attentisme de François Hollande sur le front de l’emploi.
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