Avant même l’annonce de ma candidature, on me prédisait un score de 30% des voix. Grâce à vous, j’ai trouvé la force de mener une campagne de terrain, en dialogue permanent avec les militantes et les militants de l’UMP.
C’est cette ligne politique qui a remporté le scrutin du 18 novembre dernier. C’est cette ligne politique que je continuerai de développer auprès de nos compatriotes. Elle représente à mes yeux la seule façon pour notre pays de se sortir du marasme économique et de se rassembler autour des valeurs de la République.
Fidèle à mes engagements de campagne, j’ai, en tant que Président de l’UMP, ouvert les bras pour permettre le rassemblement de l’UMP. Ma mission première est de préserver l’unité de notre famille politique.
Je me dois de vous expliquer la vérité sur la situation de l’UMP.
Le soir du scrutin, François FILLON et moi avons revendiqué tour à tour la victoire sur la base des résultats qui nous parvenaient des Fédérations.
Du fait d’un scrutin extrêmement serré, la commission indépendante chargée de l’organisation des élections, la COCOE, a pris le temps d’examiner plus en détail les résultats pour finalement annoncer ma victoire le lendemain soir.
Vous le savez, un doute manifeste a émergé sur les résultats validés par la COCOE, dans laquelle ont siégé les représentants de François FILLON comme les miens.
Dans un souci d’apaisement, de transparence et d’unité, j’ai décidé de lever toutes les suspicions sur cette élection en saisissant moi-même la commission des recours.
Contrairement aux mensonges entendus ici et là, cette commission représentait toutes les sensibilités de notre mouvement. Ses membres ont été élus par le Conseil national, qui est le parlement de notre parti, avant même que je ne devienne Secrétaire général de l’UMP. Ils ont pour certains choisi de soutenir François FILLON, pour d’autres de me soutenir, et pour d’autres de rester neutres. C’est leur choix et il est éminemment respectable.
Dans ce cadre, l’équipe de campagne de François FILLON a annoncé vendredi 23 novembre avoir officiellement saisi cette Commission Nationale des Recours (CNR) dont elle contestait pourtant la légitimité quelques minutes auparavant. Cette démarche allait dans le bon sens pour l’unité de notre famille politique.
La CNR a ainsi examiné les recours de chacun des candidats.
Cette commission a travaillé en totale indépendance et transparence sous contrôle d’huissiers, sur la base de documents eux-mêmes placés sous scellés d’huissiers afin justement de préserver leur authenticité.
Sur cette base, après 22 heures de travaux approfondis et enregistrés, cette commission a, à l’unanimité, décidé de réformer un certain nombre de résultats.
Elle a ainsi réintégré les résultats de Wallis et Futuna, Mayotte et de Nouvelle-Calédonie. L’erreur de la COCOE a été réparée et j’en suis aussi heureux pour nos amis militants d’Outre-mer.
Elle a ensuite étudié les griefs contenus dans les recours déposés par François FILLON et moi-même.
Constatant des fraudes manifestes, la commission a décidé à l’unanimité d’annuler les résultats dans certains bureaux de vote, notamment à Nice et pour un déroulement irrégulier du scrutin en Nouvelle-Calédonie.
Je le répète, cette décision a été prise à l’unanimité, y compris donc par celles et ceux qui ont soutenu François FILLON durant cette campagne.
Des milliers de militants se sont mobilisés pour organiser et participer à cette élection interne. Ce formidable élan démocratique est aujourd’hui gâché par les suspicions intolérables jetées sur leur dévouement et leur honnêteté.
Etre militant, c’est un engagement désintéressé. Nous devons respecter cet engagement et ne pas jeter l’opprobre sur ces milliers de personnes qui défendent sur le terrain nos valeurs et nos idées.
C’est pour éviter ces suspicions que l’élection a été organisée par une commission indépendante, dans laquelle ont siégé les représentants de François FILLON, les miens mais aussi ceux des mouvements défendant une motion.
Chaque étape a été validée par l’ensemble de ces représentants puis à l’unanimité en Bureau politique. Je n’ai donc pas supervisé le processus électoral.
François FILLON, mais aussi les mouvements défendant une motion, ont d’ailleurs eu accès comme moi au fichier de nos adhérents. Ils ont pu adresser des SMS, des mails et des courriers à tous nos adhérents. C’est parfaitement légitime.
Malgré tous ces faits, j’ai ouvert les bras et je continuerai de rassembler. C’est dans cet état d’esprit d’unité que j’ai naturellement accepté de rencontrer François FILLON sous l’égide d’Alain JUPPÉ.
J’y suis allé dans un état d’esprit ouvert, afin de proposer une sortie de crise en deux temps : un travail juridique minutieux de la commission des recours en présence d’Alain JUPPÉ s’il le souhaitait puis un temps de médiation politique pour que l’on travaille ensemble au sein d’une équipe collective et paritaire.
François FILLON a rejeté cette proposition.
J’ai pensé d’abord et avant tout que cette division ne pouvait avoir lieu car l’unité de ma famille politique est ce qui guide mon action de Président de l’UMP.
Je lui ai proposé de nous rencontrer pour trouver une solution : nous organisons ensemble un référendum par voie électronique auprès des militants pour savoir s’ils souhaitent ou non la relance d’un processus électoral à condition qu’il n’y ait pas de groupe parlementaire dissident ni de recours en justice.
J’avais espoir que François FILLON accepte ces conditions équilibrées car elles me paraissaient les seules en mesure de garantir l’unité de notre famille politique. Plus encore, je suis convaincu qu’ensemble nous pouvons combattre la politique dangereuse de la gauche et proposer un projet fort et rassembleur.
Quelques heures à peine après ma nouvelle offre de rassemblement, j’ai appris par la presse que François FILLON avait officiellement créé ce groupe qu’il préside. Ce groupe dissident crée la division parmi nos parlementaires alors qu’ils ont été élus sous une seule et même bannière.
Malgré cela, j’ai continué de vouloir rassembler notre famille politique pour combattre la gauche et ses projets dangereux pour notre pays et nos enfants.
J’ai donc proposé d’organiser un nouveau vote après les élections municipales de mars 2014, selon des modalités rénovées grâce à une réforme des statuts décidée par un vote de nos militants. D’ici là, mon seul et unique objectif est de constituer une équipe collective pour mener avec nos militants sur le terrain la reconquête des territoires perdus.
Cette reconquête passe par l’émergence d’une nouvelle génération d’élus UMP et par la promotion d’une ligne politique claire et forte. Cette droite décomplexée, élue par les militants de l’UMP.
A partir de maintenant, avec les électeurs, les militants et les élus UMP, j’entends consacrer toute mon énergie à faire ce que nous devons au service de nos compatriotes : nous opposer à la politique menée par la gauche qui est en train de mettre notre pays à genoux.
La ligne politique que vous soutenez est et restera la mienne : celle d’une droite décomplexée qui lutte contre toutes les formes de communautarisme et qui se bat pour que notre pays retrouve sa compétitivité, seule manière de créer des emplois.
Mon combat pour la France est plus important que mon image personnelle. Malgré les insultes et les mensonges, mais avec votre soutien, je ne dévierai pas de cette ligne politique, fondamentale pour notre pays.
La vérité décrite dans ce courrier vous permettra, je l’espère, de mener ce combat à mes côtés car il en va de l’avenir de nos enfants.
Merci, Jean-François Copé